Brevet 600 km ( Mours)

Quel Weekend !
S’il y a une chose que ces brevets m’ont appris, c’est qu’il faut être bien solide mentalement pour faire le Paris-Brest-Paris. Un organisateur du brevet estimait que 50 pour cent de la réussite à ce défi était dû au moral. N’étant pas fin statisticien et ayant vécu ce 600 de Mours, je peux vous dire que les jambes ne suffisent pas et qu’il faut avoir le moral bien accroché pour supporter ce vent de face ou trois quart face, plus de la moitié du parcours. Et que, s’il fallait estimer la part que joue le mental sur le physique,  j’évaluerais à 80% l’aspect psychologique et 20% la préparation physique.
Nous avions tous les jambes pour réussir ce brevet. Par contre chacun possédait sa stratégie. Il y en a eu, comme Vincent et Benoit, qui ont opté pour une gestion cyclotouristique du challenge. D’autres ont préféré joué  la carte du  » je dormirai quand le besoin s’en fera sentir ». D’autres ont joué la carte cyclosportive. D’autres ont joué la carte  » je ne dors pas mais je roule à mon rythme ». D’autres se sont dit je roule tant que je peux et si je m’écroule, tant pis ». D’autres, par contre, ont cru de façon exagérée au psychologique et ont oublié comme Armand, que le corps quand il en a marre, il en a marre!
Nous étions 117 au départ de Mours pour un brevet, véritable test, tant sur le plan physique que mental. Tout y était : un vent de face ou trois-quart face, les bosses qu’il nous arrivait de monter à 8 km/h, la pluie fine du dimanche matin, le ciel bas et la fraicheur automnale qui ne nous a pas quittée depuis le départ et l’arrivée brutale du soleil et de la chaleur sur les coups de midi ce même dimanche.
Premiers coups de pédales et déjà, les premières frayeurs pour Un cyclo du Tremblay qui casse sa pédale. Seul l’axe reste accroché à la manivelle, d’après ce que j’ai compris. Il lui faudra attendre 200 bornes avant de trouver un vélociste capable de le dépanner. C’est en réalité, dans un Intersport qu’il trouvera les Time de ses rêves.
Quelques coups de pédales plus loin, un autre cyclo perd sa sacoche arrière. Cela réveille chez notre Christian les craintes de chutes et le souvenir de l’incident survenu  lors du  son dernier Bordeaux-Paris.
Nous partons, donc,  tous de concert dans une harmonie très relative après avoir bu un premier café bien chaud. La chaleur n’est pas au rendez vous. Je n’hésite pas à garder manchettes , jambières et feu, le maillot manches longues d’Andrésy cyclo.
La première partie nous emmène tout d’abord vers les Andelys puis Aumale. La route nous est familière et nous menons tambour battant cette première étape. Vincent et Benoit assure un rythme serein quant à Christian, il décide au sortir des Andelys de lever un peu le pied.
Arrivée à Aumale, Vincent et benoit, fidèles à leur carte de route, décident de déjeuner. Il est midi, ventre affamé n’a pas d’oreille et encore moins les jambes.
Christian et moi décidons de continuer sur le Tréport pour déjeuner tranquillement sur le port. Il n’y a que 50 km à faire, l’occasion ne se présente pas tous les jours, autant en profiter. C’est avec Henri que nous nous dirigeons péniblement vers Eu. Cyclo de Chilly Mazarin, le larron de 72 ans tombe bien. Le vent s’est levé d’on ne sait où pour freiner notre route. Il est le seul à prendre le relais. C’est pas faute d’avoir essayer. Mais le routier de l’Essonne avait un coup de pédale tel que nous n’avons pas osé le dépasser.
Arrivés au Tréport vers 14 heures, nous le remercions chaleureusement et déjeunons ensemble. Celui-ci accepte les remerciements prétextant que cela peut arriver à tout le monde et qu’il n’est pas  à l’abri d’une défaillance. Il nous  annonçait là sans le savoir ce qui allait se passer  l’après midi.
Départ vers Calais. L’étape Eu-Calais est magnifique, contrairement au temps. Le ciel est nuageux et une petite tempête se lève. Vent de face ou de côté, je roule la tête dans le guidon en première position. Je fonce tête baissée sur les pistes cyclables du littoral. Je manque presque le contrôle secret à l’entrée de Rue.
Nous pointons, nous nous restaurons un peu, nous voyons revenir sur nous Vincent et Benoit un peu émoussés.
Nous repartons tous ensemble vers Calais.  Benoit et Vincent, bien décidés à respecter leur plan ne donnent pas un coup de pédale de trop. Du coup, nous nous retrouvons , Henri, Christian et moi seuls sur les pistes cyclables en direction de Boulogne sur Mer, après s’être arrêtés à Equihen plage, bled perdu et oublié du monde. Pour les besoins d’un coup de tampon, notre halte est courte, il n’y a rien à voir dans ce village, pas de casino, pas de boite de nuit. Vincent et benoit viennent à nous rejoindre mais nous n’attendrons pas qu’il finisse leur thé-croissant-tartelette aux fraises pour repartir vers Wissant.
De là, il ne reste que 20 km pour atteindre Calais. Vincent espérait y être pour les 22 heures. Nous y serons largement mais ne trouvons pas la D127 pour nous y conduire. Nous demandons à tous les quidams qui se présentent à nous, la route qu’il faut prendre. Nous ne sommes qu’à 20 km mais aucun panneaux n’indique la direction.
Tres pragmatique, Vincent appelle le kyriad pour annoncer notre arrivée et réserver une table de 5 personnes.
Il n’y a que 20 km mais le parcours n’est pas vraiment plat. Il en serait même exigeant.
L’arrivée et la restauration au Kyriad de Calais est bénéfique pour tous. Christian apprend la mauvaise nouvelle du jour : le racing a perdu d’un point au rugby. Il se remonte le moral tant qu’il peut avec son fer rouge.
Il est 23 heures 30 ce samedi lorsque nous apprenons la victoire du barca en ligue des champions et lorsque nous repartons vers Montreuil sur Mer. Cette étape ne comptait que 66 km mais elle me parut la plus longue de toute les étapes: nous avons mis au moins 4 heures 30 pour arriver à destination avec Henri, mais sans Christian qui a décidé d’un seul coup d’un seul, de dormir un quart d’heure à Le Wast. Quant à Benoit et Vincent, ils avaient choisis de dormir au Kyriad de Calais, de se réveiller seulement vers les 4 heures 30.
Nous postons la carte postale à Montreuil, La pluie commence à faire son apparition. Pluie fine et insistante.
Pas besoin de coupe vent, le vent se charge de sécher l’ humidité sur les vêtements. Avec un cyclo de mours, nous cherchons désespérément la D119. Une fois trouvée, elle nous amène directement à une impasse: des travaux nous arrêtent nous obligeant à prendre une longue déviation. Nous croisons un groupe emmené par une nana qui vous mènerait tout un régiment de hussards à la baguette. Nous nous mettons à discuter, à discuter et plus on discute moins l’on se rend compte que l’on a largué tout le groupe. Mais au bout d’un moment je lâche prise et la laisse partir : elle va vraiment trop vite.
Nous sommes à 20 km d’Auxi le chateau lorsque les premières douleurs apparaissent. J’ai très mal à la cheville. j’ai le sentiment que les tendons vont m’abandonné. J’attends Henri et fini l’étape avec lui. La douleur à la cheville s’accompagne d’une douleur aux mains et les épaules collaborent activement au pathos du moment. Je ne me sens pas bien. A Auxi j’ai l’impression d’être « oxy ». Je mange un croissant aux amandes et repart sans conviction. Aucun café ouvert: j’ai besoin d’une boisson chaude en caféine.
Pour Amiens, suivre la D933 n’a pas été évident. Par contre nous avons trouvé un café ouvert après Canaples.
C’est par une autre départementale que  nous débarquons à Amiens. Je passe en tête mais Henri ne suis pas. Je le perds mais récupère le cyclo de Mours qui m’indique la bonne direction. Il m’offre un café, nous tamponnons et repartons vers Beauvais. J’ai toujours aussi mal à la cheville, le parcours est très vallonné et je souffre vraiment. Je suis le cyclo de Mours sans me rendre compte qu’il va trop lentement pour moi. Je me calque à son allure et me laisse aller à croire que je n’ai plus les jambes pour avancer. Le cyclo me sermonne à la manière d’un Christian Pourreau et m’invite à partir seul devant sans l’attendre. Ce que je fais à l’amorce de la côte de Crèvecoeur le grand que j’affronte vaillamment. Au sommet de celle-ci je décide, afin de moins souffrir de la cheville, de mettre la plaque. Solution provisoire mais géniale. Du coup, je m’envole et n’ai plus mal. L’avancée vers Beauvais se fera rapidement.
La fin du parcours sera à l’image de son relief, avec des hauts et des bas. A Mours, je suis étonné de terminé en 23è position derrière la fameuse nana du team Morangis que j’ai accompagnée pendant quelques kilomètres entre Montreuil et Auxi le Château.
Il est 14 h50 et suis content d’être qualifié pour le futur Paris Brest Paris 2011.
Henri arrivera 30 minutes plus tard.
Notre Cyclo de Mours arrivera 35 minutes plus tard.
Christian finira son périple à 18 heures.
Benoit et Vincent concluront le brevet à 19 heures 30, comme prévu dans le road book.

Nous sommes tous prêts pour ce paris-Brest-Paris.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Armando

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