Sortie club du 05 juin : une tragédie en un acte

Il y a des jours comme cela ou croire en Dieu devient un pléonasme. Je ne sais pas si j’ai une bonne étoile au dessus de la tête, mais, après avoir été empêché de rentrer dans le gymnase de Villepreux par une horde de chevaliers « baudriorés » jaune fluo chevauchant des montures en acier lors du dernier brevet 300; après avoir vu passer devant moi un bon gros sanglier dans la forêt de Gambais lors du dernier brevet 400; après avoir pris acte de l’incident survenu au départ du périple en direction  d’Haren,  en réparant mon jeu de pédalier aussitôt la ballade des  côteaux de la Seine terminée; après avoir subit d’incessantes fausses routes induites par un Christian Pourreau rivalisant d’ingéniosité avec Garmin; après avoir vu tout cela, rien ne pouvait m’arriver.

C’était sans compter  sur la roue arrière en carbone, certifiée conforme par mon tibia gauche, hier matin sur la route qui nous emmenait vers Brueil. C’est à la sortie de Gaillon sur Montcient, à l’amorce d’un faux plat anodin que le drame aurait pu avoir lieu.

Je m’étais bien calé dans la dite roue de Michel Jacq. Celui-ci s’était employé à faire tout ce qu’il eut été en sa mesure pour larguer les copains. Chose qui ne fut pas trop difficile: l’ambiance à l’arrière était plutôt papotage, rigolade que pédalage.

Le breton convaincu de sa vélocité naissante ne supportait pas le bruit que pouvait faire une roue libre campagnolo. derrière lui. Les cliquetis répétitifs de la roue libre résonnaient chez lui comme une offense à sa morrne cadence.

Du coup, le grand gaillard s’enorgueillit d’un coup de pédale plus viril. Sans broncher ni regarder derrière, il aborda, fier comme Artaban la ridicule pente qui s’offrait sur notre route. Et d’un fier comme Artaban, notre gai luron se transforma en, fier comme un bar-tabac (Coluche)  pour finir fier comme un char à bancs.

Tout avait pourtant bien commencé. Bien calé sur son engin, faisant corps avec la machine, les trois premiers mètres et demi furent gravis à une allure raisonnable et sans que le moindre effort ne paraisse.

Lorsque, on ne sait pour quelle raison, le vélocipédiste bicéphalo armorico vauréalien  se leva de sa machine pour démarrer une version post moderne de l’ouverture du bal des cygnes. Le rythme soutenue de la danseuse ne tint pas longtemps. Après maints et maints frottements, la manivelle en carbone ne supporta plus l’échauffement incessant et répétitif, la drague cyclique de la chaussure à son encontre. Celle ci céda, offrant un nouvel espace de vie à un pied gauche resté peu de temps pourtant, son  prisonnier.

Le pied libéré et c’est le corps entier qui se mit à souffler et  s’offrir aux lois de la gravitation universelle. Le dos se mit à rebondir de plaisir sur un sol accueillant. La tête en fit autant, envieuse et raide dingue de jalousie envers un casque qui s’octroya, comme d’habitude la meilleur part. Le bras gauche, quant à lui, a dû , assez bien profiter de l’éphémère relation intime avec le bitume.

Un « aîe » de contentement viendra ponctuer la scène du deux avant que la roue arrière en carbone vienne me percuter le tibia, marquant ainsi la tombée de rideau de ce qui aurait pu être une tragédie en un acte.

Tout le monde va bien et c’est tant mieux!

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Armando

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