Une préparation contre nature

Circuit de 180 km. 24 fevrier 2013

Je ne vais pas ouvrir ici le débat du mariage pour tous. Il a été en partie clos par un vote à l’assemblée, les philosophes, les journalistes,  les spécialistes et les non spécialistes , ont largement débattu à ce sujet.

Je ne vais pas relancer le débat sur un match de rugby où il ne fallait pas  être le maillon faible. Le weakest link se disait plutôt en français ce week end.

Je ne vais pas relancer le débat sur la cohésion d’équipe et la prise de relais dans le gruppetto andrésien. Car il n’ ya rien à dire! Tout s’est passé à merveille, tout le monde a assuré comme un chef. Du jamais vu en 6 ans de carrière à Andrésy cyclo.

Je ne vais pas relancer le débat sur une météo capricieuse. Mère Nature ne nous a pas vraiment protégé . On peut affirmer qu’ elle nous a bien malmenés et nous a obligés à mater le flocon.

Car le flocon faible était bien présent sur les routes ce dimanche. Il nous a un peu embêté jusqu’à Précy-sur-Oise. La traversée d’Attainville et de la ville picarde a été compliquée.

Les pistes cyclables avant l’entrée dans la cité francilienne étaient bien enneigées.

 » Dessine moi ta trace sur la neige et je te dirai qui tu es », aurait pu dire le psychologue. Entre une trace bien droite et régulière, une trace qui ondule régulièrement et une troisième plus heurtée, vous avez l’embarras du choix, ou, le choix de l’embarras quant à choisir à quel  pilote elles appartiennent.

Christian, Vincent et moi sommes partis ce dimanche sans grandes convictions.  Mais passés Domont et sans mots dire ni expressions exaspérées manifestées, nous filons droit vers l’objectif du jour, pour le meilleur et pour le pire.

Nous décidons quoi qu’il arrive de rester sur les grandes voies afin d’éviter d’éventuels écueils.

En route donc vers Noailles, il va s’en dire que nos doutes s’estompent. La route est dégagée et le soleil tente, de temps en temps, une percée peu convaincante.

Je ressasse de vieux souvenirs et les fantômes dans le placard n’attendent plus minuit pour ressortir un par un. Le spectre du faux plat en direction d’ercuis (après Blaincourt-les-Précy), les panneau m’indiquant la direction de Cavillon à Ully saint Georges et de La fusée près de Cauvigny me rappellent à la mémoire d’amères et désagréables impressions d’une course où je n’étais jamais en forme. Elle se nommait le prix du printemps et prenait son départ de Creil, en plein mois de mars. Il neigeait souvent ce jour là.

J’ouvre, je ferme, j’ouvre et referme ma main afin de bien faire circuler le sang. Il me semble que cela m’aide à avoir moins froid.

 Il fait 0° C à l’extérieur et Christian semble avoir froid.

Vincent passe son temps à s’habiller et se déshabiller. Il ne s’est pas trop s’il a froid ou chaud, s’il est mâle ou femelle comme disait mon grand-père sur un ton un peu machiste.

Peu avant ou peu après Hodenc-L’Evêque, une crevaison nous arrête. Vincent prend le temps de réparer. Juste le temps pour moi de prendre un peu froid. Je devais être trop couvert. J’ai beaucoup transpiré et le fait de s’arrêter m’a refroidi.

Nous avons fait 75 km et il nous en reste exactement 100 à faire. Mon moral en prend un coup.

Je ne vais pas relancer le débat sur le maillon faible. Mais je commence à réaliser qu’il faut que je me résigne à être du côté de la méforme de la Force. Je ne serai jamais en forme avant le printemps qui démarre dans mon calendrier hormonal,  au mois  mai  chaque année.

Et c’est résigné donc, que je demande à Vincent si on peut espérer avoir, un jour ou l’autre, le vent dans le dos. Car depuis le départ il souffle de face ou trois-quarts face.

« Peut-être » me dit il,  » mais nous avons un vent de nord et nous l’aurons , semble-t-il de côté » ajoute-t-il.   » Et puis en plus, il n’arrête pas de tourner » commente-t-il.  Notre capitaine mérite donc bien,  ses galons de capitaine.

Et le vent s’en retourne et le propulse lui et Christian. La vitesse sur la route de Gisors dépasse par moment les 45 km/h.

Je ne vais pas relancé le débat sur celui qui s’accroche derrière et qui ne manque pas de concéder du terrain à chaque faux-plat, sur un Vincent et un Christian en pleine possession de leurs moyens.

L’arrivée à Gisors permet à chacun de profiter d’un temps à soi pour satisfaire son gosier d’un bon vin chaud et de s’alléger les intestins.

Les 53 derniers km ne me semblent pas interminables. Je laisse le soin à mes deux confrères de prendre en main l’allure. Chose qu’il font très bien.

Je ne vais pas relancer le débat de celui qui ne se sent pas indispensable. Mais, heureusement qu’il était là ces deux là.

En conclusion nous arrivons à fond la caisse dans la montée vers le cosec de Triel. Il est 16 heures et nous bouclons nos 175 km par une petite montée rapide. Christian cale un tout petit peu. J’arrive à suivre Vincent, non sans peine.

Je ne voudrais pas lancer le débat sur celui qui fait mine d’être fatigué alors qu’il en garde sous la pédale, qui fait mine qu’il sort d’une gastro et qu’il est bien fatigué, alors qu’en fait, il ne veut pas faire d’effort.

Non rien de tout cela: Je suis juste dans le cadre d’une préparation contre-nature.

Je ne sais pas si le mariage pour tous est contre-nature mais notre mariage à tous les quatre (avec gilles) fonctionne.

Je ne sais pas quel temps nous aurons le 29 mars, mais, on peut dire aujourd’hui que, depuis le début du mois de janvier,  notre préparation est, aussi, contre la nature.

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