La Flèche Vebocio’ i just rode 308,9 kilometers!

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Connais toi même et rien de plus!

Cette  préparation et cette flèche m’ont rapproché de la philosophie grecque, celle des stoïciens.
Cette préparation à la flèche Vélocio nous a rapproché sans le savoir et sans le vouloir de Mère – Nature.
C’était dans l’ordre des choses d’avoir une météo aussi humide : en cela nous sommes dans la tradition de la dite philosophie.
C’était dans l’ordre des choses de souffrir pendant autant de kilomètres (386 pour moi et 543 pour Vincent, Christian et Gilles) puisque le projet était d’en faire 600 au départ.
Et pourtant on l’avait tous dans les jambes ce projet!
Mais c’était dans l’ordre des choses de rester à sa place et de ne pas pêcher par ubris, par arrogance, en somme, ne pas p… plus haut que son de son c….!
C’était dans l’ordre des choses de proposer un peu de crème à son copain pour prévenir les souffrances du séant. La moralité bourgeoise conçoit mal et interprète souvent à l’envers l’endroit de l’intention maternel d’Alain pour ses futurs enfants. Surtout, lorsque la scène se passe dans les toilettes d’un relais autoroutier.
C’était dans l’ordre des choses de faire ripailles aux trois jumeaux et de rire et sourire au photographe qui croie encore que l’on capture le présent d’un simple appui du doigt sur le boitier.
C’était dans l’ordre des choses d’être aussi tendu à Saint Geosmes et d’être prêt à partir 30 minutes avant les quinze coups de trois heures.
Tout était en ordre et correspondait à ce que l’on pouvait s’attendre. La pluie arriva très vite après le départ. Elle nous quittera vraiment qu’ à partir de la Voulte, près de Valence dans la Drôme.
Chacun à sa place et tous unis pour le meilleur et pour la pluie: telle fut la devise Jusqu’à Vernaison. Chacun prend son relais à la hauteur de l’ambition du groupe et en fonction de ses capacités. Chacun a ses capacités étonnement démultipliées contrairement au relief qui ne demande pas une démultiplication extraordinaire : c’est bien la peine que Vélocio se décarcasse !
Au niveau de l’assistance, tout était en ordre aussi. Papa aidait maman à préparer la soupe et tonton Jean Pierre devisait de façon bienveillante sur les problèmes mécaniques.
En avance sur chacun des contrôles, il nous arriva de perturber l’ordre. Un relais un peu trop appuyé avant l’arrivée à Seurres mis notre assistance dans l’embarras l’espace du temps nécessaire à l’installation de la table et de chaises pour nous permettre de nous reposer un peu.
Il était aussi naturel de maintenir une certaine tension et de négocier le temps d’arrêt. Un suspend trop long de l’activité en inquiétait quelques uns. Tandis que les quelques autres s’attachaient à s’alimenter et changer des gants déjà bien trempés.
L’emplâtre américain devint vite l’objet fétiche de certains de ces quelques-uns, et le port d’une ou deux couches supplémentaires devint  la contrainte de ces quelques autres.
Il était dans l’ordre des choses de retrouver la pluie après Seurres.
Il était dans l’ordre des choses de voir des girafes jaunes et rouges illuminant l’intérêt de quelques uns.
Il était dans l’ordre des choses de s’arrêter hors du village pour soulager Nestor et entendre le chien aboyer.
Et Christian de lui répondre.
La descente vers Lyon  aurait été sans doute plus jolie si nous la fîmes de jour. Mais c’est de nuit que nous longeâmes la Saône et le Rhône, deux fleuves prêt à tout instant, à nous reverser leur trop plein d’eau.
Mais il était dit que l’eau qui coule dans le fleuve reste dans son lieu. Et que celui du cyclo aussi, sur des routes pas toujours très clean.

Carpe diem!

Le stoïcien est celui à qui on peut, à l’instar d’Epictète, casser la jambe sans qu’il ne dise mot de souffrance. Il ne dit rien, non pas parce qu’il est maso mais parce qu’il vit le présent et se soucie peu de l’aliénation des événements passés et des exigences de l’avenir. Il n’est pas psychanalyste et encore moins psychologue.
Sur le vélo, le cyclo est un stoïcien. Il vit l’instant présent. Il se laisse volontiers grisé par la vitesse lorsque le vent l’emporte. Il ne dit rien lorsque ce même vent lui vient de l’Est et l’empêche d’avoir un départ cool à la sortie de Langres. Le cyclo ne dit rien face à la soupe brûlante offerte par nos hôtes du moment. Il a froid mais il ne dit rien. Il a trop chaud mais il ne dit rien. Il a mal aux jambes mais il ne dit rien. Il met juste le braquet supérieur et passe du 34 au 50 sans mot dire. Il ne dit rien, passe la vitesse au dessus et entraîne le groupe à 33 km/h au lieu de 27. Il se fait égueuler par le capitaine car ça n’est pas dans l’ordre des choses de rouler à une telle vitesse. Le cyclo ne moufte pas car un cyclo ça ne moufte pas , même, lorsqu’il se prend une tonne d’eau entre Vernaison et Saint Péray. Un cyclo ça ne moufte pas, sauf, lorsqu’il se rappelle qu’il n’est pas philosophe.
Il se dit que les dés sont pipés et qu’il aurait mieux fait de rester chez lui. il se dit que cela ne vaut pas la peine de chuter et de risquer sa carrière cyclo-touristique à peine le mois d’avril commencé.
Il se dit plein de choses, le cyclo, mais il ne moufte pas.
Il avait décidé de descendre dans le var parce que c’était dans l’ordre des choses de descendre vers le soleil. Mais il était dit depuis le début du mois de janvier qu’après le déluge vient le beau temps.
Le beau temps s’est fait attendre. Et lui s’est dit qu’il en avait marre d’attendre Godot. Et comme dans la pièce il ne viendra jamais, alors il arrête, le cyclo, mais il ne moufte pas.
380 km : c’était dans l’ordre des choses. Il fait toujours les 2/3 du parcours et s’éclipse. Il a fait pareil durant la préparation.
Et c’est dans le même ordre de départ que les trois autres finissent. Comme le cheval de Georges Brassens, Vincent est devant. Tous derrière et lui devant. Gilles et Christian terminent à leur place me laissant à Saint Péray, sans moufter, ou presque.
Un bon cyclo ça se connait bien mais rien de plus. En cela il est philosophe à l’occasion. Il saisit l’instant présent et sait rester à sa place quand il le faut.
Nous avions les jambes pour boucler cette flèche de 600 km. Mais, sans moufter chacun a fait ce qu’il pouvait faire.
Les regrets, les remords et autres passions tristes comme le dit Spinoza n’ont pas lieu d’être.
Comme je l’ai dit en réponse à Vincent qui s’était mis au calcul savant pour montrer que le temps perdu est relatif à la moyenne élevée pour la distance, Einstein, lui, parlait de relativité du temps aussi. Le temps est relatif : ce que l’on perd d’un côté on le gagne de l’autre, et lycée de Versailles. Si nous avions pris le temps de dormir un peu et de nous changer, on aurait peut-être frôler les 600, Christian ne serait peut-être pas tombé et ma tante aurait été soulagée qu’on ne l’appelle pas tonton.

Et  Jean Pierre de rajouter en bon stoïcien :  » pour le kilométrage, il ne faut rien regretter. »

L’objectif est atteint avec 543 km, c’est l’essentiel ! encore bravo à Christian, Vincent et notre surprenant Gilles!

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